Après le magnifique « Les Climats », Nuri Bilge Ceylan nous revient avec un drame familial où les images vous laissent sans voix à chaque plan. Un film où la photo, le cadrage, les plans, les lenteurs sont parfaitement travaillés pour vous faire vivre un grand moment de cinéma.
Connu pour ses gros plans, ses scènes lentes où chaque bruit environnant est ressenti profondément par le spectateur, Nuri Bilge Ceylan nous met mal à l’aise avec son dernier film.
L’histoire commence avec un politicien renversant un piéton. A l’approche des élections afin d’éviter le scandale c’est son chauffeur qui ira en prison à sa place.
Pendant ces 9 mois de prison, le fils et la mère tentent en vain de cohabiter dans le silence, le mensonge et l’élément central du scénario ; l’adultère. La communication se résume à des regards, des portes entrouvertes, une gêne permanente qui nous quittera pas tout au long du film.
Ceylan met ainsi en scène une tragédie plutôt ordinaire dans un décor magnifié par sa caméra. Les retrouvailles du mari trompé et la femme est un moment de tension ultime. La femme suppliant son amant vil sous le ciel orageux de Istanbul…une scène remarquable.
Loin du scénario quasi inexistant de Uzak on est face à un film avec des rebondissements inattendus. Malgré ces rebondissements, nombreux seront ceux qui s’impatienteront devant les gros plans interminables où l’on pénètre chaque personnage. Les impatients qui ont la carte UGC devraient au moins voir quelques extraits pour cette magnifique mise en scène primée à Cannes.
Un commentaire, peut-être ?