La ville et les chiens

20 novembre 2008

Le premier livre du grand auteur péruvien Mario Vargas LLosa est pour certains le plus réussi. Après la lecture du merveilleux « Homme qui parle », j’ai donc lu ce livre paru en 1963. Impressions à froid..

De quoi ça parle?
Au collège militaire Leoncio Prado, à Lima, les chiens sont les nouveaux arrivants qui sont les plus bizutés, insultés et mal traités. Après une série de violence à leur égard, 4 d’entre eux, les plus vigoureux, décident de former un Cercle pour répondre à ces agressions.

Cependant, ce Cercle exerce une violence encore plus marquante sur les autres élèves de la section. Le plus faible d’entre eux, appelé l’Esclave, sera celui qui en souffrira le plus.

Malgré la dureté du récit, les chiens ont également des amours, une famille, des amis. Le passage de la violence du collège à la douceur des fins de semaine de permission, nous fait rendre compte que ce ne sont pas des adultes mais des adolescents.
Ce roman s’inspire de la vie de l’auteur qui passa quelques années au Leoncio Prado, cette part de vécu donne au livre un ton d’autant plus violent que vrai. On le retrouve dans le personnage d’Alberto qui vend des lettres d’amour ou des nouvelles à ses camarades.
Les procédés militaires afin de cacher les réalités graves du collège participent à la critique des institutions militaires du Pérou. Vargas Llosa dénonce une éducation trop virile et brutale, et surtout inadaptée.

Pourquoi c’est bien?
L’écriture peut-être déroutante au début du livre, le passage de la première à la troisième personne participe à une confusion des personnages. Vargas Llosa juxtapose des dialogues sans ponctuations. En effet, le style permet de ressentir tout ce bouillonnement intérieur des personnages, de ces adolescents à qui on demande d’être des adultes trop rapidement. Malgré un temps d’adaptation nécessaire au style de l’auteur, c’est un livre qu’on ne lâche pas avant d’avoir fini. L’histoire tragique des personnages prend une tournure tellement inattendue dans la deuxième partie du livre, qu’on ne s’arrête plus de lire pour savoir si la fin réserve une surprise un peu plus tendre. L’élément central du roman est bien sûr Lima, ses rues, ses quartiers bien définis séparant les bourgeois et les plus pauvres, sa plage, son tramway…La description très réaliste nous y emmène découvrir les joies et malheurs d’une grande ville sud-américaine.
Pas d’extrait cette fois-ci car j’ai déjà prêté le livre :) Mais pas besoin d’extrait puisque je vous dis que c’est bien.

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