Du sang partout

24 août 2008

« Il y avait du sang partout. On aurait dit que son âme s’était écoulée par les trous que les projectiles avaient faits dans tout son corps. Quand on voit autant de sang par terre, on commence par se palper, par s’assurer qu’on est pas blessé, que ce sang n’est pas le nôtre. (…) Et il semble dans tous les cas impossible qu’un seul homme perde autant de sang, on est sûr d’en avoir beaucoup moins. »

La fin du week-end est pluvieuse et sanglante…Sanglant comme le rouge que je porte mais surtout comme le livre que je suis en train de lire: « Gomorra«  de Roberto Saviano.

Mes recherches m’ont convaincue de voir l’adaptation au cinéma qui devait être d’une réalité choquante, nous montrer ce Naples que peu de monde connaît encore, dénoncer ce pouvoir économique aussi fort que dégoûtant entre les mains d’une série de criminels...

Pourtant, le film a déçu ma soif d’histoires de mafia. Aucun détail sur les descentes , les guerres entre les clans, les bains d’acide et de coke. Amoureux de Scarface ou du Parrain, vous serez déçus si vous vous attendez à une remake napolitaine de ces films cultes. Ce film ne montre pas des parrains aux costumes trois pièces impeccables mais à travers des personnages qui ne se croisent jamais, le film montre à quel point cette mafia fait partie du quotidien napolitain.
C’est un film assez lent, d’une allure de docu-fiction. Ce n’est pas du grand cinéma mais un cinéma du réel qui a titillé ma curiosité et m’a convaincu d’acheter le livre. Je me félicite de cet achat car sans le livre le film n’est qu’une nébuleuse d’histoires où on se perd à chercher à comprendre les motivations et rôles de certains personnages.
Revenons au livre qui a causé des menaces de mort au jeune auteur (il vit désormais sous protection policière). C’est un livre qui tente de nous ouvrir les yeux sur la réalité de la Camorra et l’étendue de ses actions: elle est présente partout dans le monde et dans des activités insoupçonnées telles la mode, la construction, l’hôtellerie… Partout il y a de l’argent, c’est-à-dire du pouvoir.
J’aime beaucoup l’écriture de Saviano, qui n’est pas juste descriptive dans le sens journalistique, mais est remplie d’émotions, de métaphores et réflexions.
Je n’ai pas fini le livre, je n’ai pas eu le courage de continuer la lecture ce soir… les descriptions sur les fusillades et fusillés m’ont un peu donné la nausée en ce dimanche où le temps est triste…
Vous êtes prévenus, âmes sensibles s’abstenir…mais si vous êtes, comme moi, curieux de savoir ce qui se passe sous votre nez, tout proche, dans un pays « civilisé » comme on dit…je vous le conseille vivement.

Bonne semaine à mes deux uniques lecteurs.

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